Couple et Sexualité

Vices et vertus de l’aveu en amour

Marie Hélène Colson

Du latin « advocare », c’est à dire appeler ou avoir recours, le terme aveu est principalement juridique. En termes de relations amoureuses, l’aveu est un jaillissement. Il marque l’élan irrépressible d’un individu pour se réconcilier avec une partie de lui-même devenue insoutenable. Il rétablit une continuité entre le Moi et la partie du Moi qui lui était devenue un temps étrangère.

En ce sens, il peut être un acte fondateur pour l’individu. L’aveu de son amour par exemple est le premier temps de la relation à l’autre. L’aveu d’une préférence sexuelle, longtemps dissimulée, peut être le moment libérateur qui permet l’avènement d’une nouvelle vie. L’aveu d’un abus sexuel subi, paradoxalement toujours porté comme une culpabilité, est le premier temps de la réparation pour celui ou celle qui en a été victime.

L’aveu peut aussi être un acte fondateur collectif, comme le « Coming Out » du mouvement homosexuel, à la fin des années Soixante, qui a signé pour toute une génération le début de la banalisation du fait homosexuel.

Mais l’aveu est toujours aveugle. Il est mouvement individuel pour résoudre une tension, pour se mettre en règle, mais aussi pour se libérer d’un poids, d’une faute, d’une culpabilité, d’un secret, ou encore pour encourir inconsciemment une punition. L’aveu, sous couvert de transparence pour l’autre, ne se soucie guère des conséquences de la révélation, et peut aussi s’avérer un acte destructeur dans la relation à l’autre, aux autres. L’aveu de son infidélité en est l’illustration la plus fréquente. Aveu direct, qui dit et formalise irrémédiablement l’adultère, souvent premier stade vers la rupture attendue. Ou aveu indirect des signes accumulés comme autant de jalons permettant de suivre la trace de la culpabilité. Les preuves que l’on laisse dans son sillage relèvent bien sûr, du besoin pas complètement inconscient de crier à l’autre son sentiment de ne plus être aimé, de ne pas se sentir entendu, de ne pas pouvoir se réaliser, ou la fin de son propre sentiment amoureux… .

Mais, acte manqué ou acte délibéré, l’aveu n’excuse rien. A la satisfaction immédiate et individuelle du sentiment de libération d’une tension trop longtemps retenue, succèdent les difficultés sans fin des conséquences de l’aveu sur le couple, et son cortège souvent irrémédiable de jalousie, de ressentiment longtemps ressassé, de représailles, de rupture.

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