Couple et Sexualité

Monogamie

Marie hélène Colson

Toutes les formes d’alliance coexistent dans la nature, et l’usage de la monogamie semble d’apparition assez récente dans l’histoire de l’humanité. Le choix de partenaire et la forme d’appariement sexuel d’une espèce animale ou d’une société semblent directement liés à son aptitude à souder le groupe social, à assurer la reproduction et l'élevage, à répondre aux contraintes imposées par l'environnement et les ressources économiques. Ce qui est vrai en biologie semble l’être aussi chez les humains. Les sociétés qui favorisent la monogamie (le couple d’un seul homme et d’une seule femme), la polygynie (le couple d’un homme et de plusieurs femmes) ou la polyandrie (le couple d’une femme et de plusieurs hommes), répondent au départ à des objectifs natalistes précis, devant permettre la survie du groupe social et l’élevage des enfants dans des conditions adverses.

Dans les sociétés humaines, la polygamie semble avoir été le modèle de départ, et la genèse nous décrit une société patriarcale polygame, qui sera celle des juifs, mais que l’on retrouvera aussi chez les hindous, les zoroastriens, et plus tard chez les musulmans.

Les sociétés égyptiennes, sauf pour le pharaon, grecques et romaines étaient résolument monogames. Mais la monogamie n’excluait pas pour les hommes de pouvoir user d’autres femmes. Elle servait principalement à préserver les familles, et la transmission des biens et du patrimoine, en protégeant les droits des enfants légitimes.

Le mariage monogame, indissoluble, inscrit dans les lois de la religion, et interdisant l’infidélité entre époux, tel qu’il est défendu très tôt par la religion chrétienne, semble être un modèle ayant eu du mal à se développer, et il faudra attendre le IX° siècle pour qu’il s’impose véritablement, et seulement en Occident.

Aujourd’hui, la monogamie est la règle en Occident, où la polygamie est interdite. Une grande partie du monde continue cependant à vivre dans la polygamie, en Afrique, au Moyen Orient, au Maghreb, et même en Asie. En chine par exemple, où la loi sur la famille de 1950 a interdit la polygamie, elle reste très fréquente, en particulier dans le sud du pays. En Tunisie et en Egypte, l’interdiction de la polygamie est récente, mais a beaucoup moins contribué à son abandon que les aspects économiques qui rendent difficiles l’entretien de plusieurs femmes et de leurs enfants. Dans de nombreux pays d’Afrique en revanche, c’est la polygamie qui permet la subsistance, voire la survie de nombreuses femmes et enfants.

En Europe, où l’immigration et le brassage de populations sont importants, les paradoxes de la cœxistence de liens sociaux différents par nature et par essence, sont parfois criants. En France, par exemple où la polygamie est en principe interdite par la loi, l’administration la tolère depuis longtemps pour les immigrés en vertu du respect traditionnel du statut personnel des étrangers. Elle l’a même autorisée de fait en 1980, avec l'arrêt Montcho, qui a admis le regroupement familial d'étrangers en cas de polygamie. Le ministère de l’intérieur estime qu’il existe aujourd’hui en France 10 000 à 20 000 ménages pratiquant la polygamie. L’INED recense 70 000 enfants issus de ces ménages.

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