Couple et Sexualité

Mariage

Marie hélène Colson

Le mariage est l’union de l’homme et de la femme, consacrée soit par l’autorité ecclésiastique, soit par l’autorité civile, soit par les deux, nous rappelle le Littré. Le mariage est, dans la plupart des pays d’occident, monogame, hétérosexuel, et a priori indissoluble.

La cérémonie

Il donne lieu à une cérémonie civile publique, après publication des bans qui proclament officiellement et publiquement le mariage. Une cérémonie religieuse peut suivre le mariage civil. Elle ne revêt aucun caractère officiel, mais reste un rite très investi symboliquement, avec un regain d’intérêt très récent. Pratiquement tous les mariages en Irlande, en Pologne, en Grèce se font à l’Eglise, ainsi que 70% des mariages au Québec et en Scandinavie. Un certain recul se fait jour en Europe du Sud, alors que l’Europe de l’Ouest reprend depuis peu le chemin de l’église pour se marier. L’âge légal du mariage en France est de 18 ans pour les hommes et a été ramené au même âge pour les femmes, depuis 2005. Une dérogation peut être obtenue avec l’accord des parents et de l’autorité civile. Mais selon l’INSEE, en 2003/2004, l'âge moyen lors du premier passage devant le maire est de 28 ans pour la mariée et de 30 ans pour le marié. Vingt ans auparavant, il était respectivement de 23 et 25 ans. En 2004, 266 000 mariages ont été célébrés, contre plus de 300 000 en 2000. Cela correspond à un taux de nuptialité de 4,3 pour mille. Les années quatre vingt dix ont vu chuter de moitié le nombre annuel de mariages (516 900 en 1946 / 253 476 en 1994) mais une augmentation lente semble se manifester depuis les années 2000.

Signe des temps, toujours selon l'INSEE, les enfants assistent aux noces de leurs parents dans près de trois unions sur dix. En effet, le mariage ne signe plus en occident, et de loin, le moment de la fondation du couple, et encore moins celui de l’entrée dans la sexualité.

Monogame et indissoluble

Le mariage occidental monogame, prend sa source dans l’antiquité tardive. Philippe Ariés nous rappelle que le changement des mentalités qui a précédé et favorisé l’installation du christianisme, est une époque charnière de notre civilisation, qui a opéré une véritable mutation et a séparé définitivement l’Europe du reste du monde. A cette époque tend à se développer une conception de l’union entre un homme et une femme ne dépendant plus seulement des caprices du mari, mais tenant compte des droits de la femme. Les deux familles s’engagent dans une promesse lors des fiançailles, contractent un contrat au moment du mariage, échangent une dot qui garantit la position de l’épouse, et assistent souvent à la consommation du mariage le soir de la nuit de noces, tout au moins dans l’aristocratie. Mais jusqu’au IX° siècle, le mariage n’est pas obligatoirement indissoluble et les alliances peuvent se renégocier. Le rapt, l’inceste, le viol et l’utilisation des servantes ne pose pas vraiment problème pour la satisfaction des besoins de l’homme, même marié, et la polygamie n’est pas rare. A partir du IX° siècle, sous la pression de l’église chrétienne qui unifie son discours et conforte ses positions, le mariage tend à devenir la seule forme d’union entre hommes et femmes, même si les classes les plus pauvres privilégient toujours le concubinage. Le mariage chrétien est monogame et indissoluble, et prône la fidélité entre les époux. Les premiers rituels liturgiques apparaissent au V° siècle et commencent à se codifier au XII° siècle, et le concile de Latran (1215) insistera sur le consentement mutuel entre époux, ainsi que sur le caractère public du mariage en imposant la publication des bans afin d’éviter les mariages frauduleux. C’est en 1274, sous Grégoire X, et lors du deuxième Concile de Lyon, que le mariage devient officiellement l’un des sept sacrements de l’église chrétienne. Et le concile de Trente (1563) frappe de nullité le mariage qui n’a pas été contracté devant l’autorité ecclésiastique.

Civil ou religieux ?

A partir du XVIème siècle, en France, la Royauté s’efforce de reprendre en main la juridiction du mariage, et les ordonnances Royales de 1556 commencent à légiférer prudemment en ce sens. Mais il faudra attendre la révolution française, et la constitution de 1791, puis la création de la fonction « d’officier d’état civil » en 1792, pour que le mouvement s’inverse et que le mariage civil commence à prendre le pas sur le mariage religieux, alors qu’il existait déjà en Angleterre dès 1563, en Hollande depuis 1580 et en Autriche depuis 1783.

Cependant, même si le mariage religieux n’est plus la règle, le rituel liturgique perdure au travers de certaines traditions : aujourd’hui encore, l’on ne se marie pas certains jours ou à certaines époques de l’année. Les dimanches, les jours de fête, les jours où l’on honore la Vierge Marie (Chandeleur - Visitation - Assomption…) sont évités, de même que le mois de mai (mois de Marie), y compris pour les mariages civils.

Religieux ou civil, le mariage en tant qu’institution, restera longtemps l’affaire de deux familles qui s’unissent par l’intermédiaire de leurs enfants, tant en occident que dans le reste du monde et pendant de nombreux siècles. Il est un lien social et son indissolubilité garantit pendant un millénaire la pérennité de la famille, du patrimoine, la protection des enfants légitimes. Le mariage traditionnel n’appartient pas à l’individu, il appartient à la société. Il n’est pas un choix individuel mais un choix familial d’alliances commerciales, politiques, tribales, sociales. La sexualité dans le mariage assure la reproduction des individus et la force du clan, le plaisir et l’amour n’y ont pas de place réelle. C’est pourquoi, si la fidélité est habituellement de rigueur, personne ne s’étonnera que les hommes puissent assouvir leur désir ailleurs, ou que les femmes puissent entretenir une relation amoureuse platonique, comme dans l’amour courtois au moyen âge. L’adultère de la femme avec passage à l’acte est cependant toujours lourdement condamné, et dans toutes les cultures, car il compromet la pureté du lignage.

En revanche la cohabitation entre époux est de rigueur et le « devoir conjugal » tient une place essentielle dans le mariage. Chacun doit s’y soumettre. Ne pas avoir de relations sexuelles est la seule cause de rupture du mariage acceptée par les trois grandes religions.

Egalité entre époux

A la fin du XIX° siècle, les aspirations individuelles et collectives commencent à changer. L’industrialisation et le travail des femmes, l’émergence de puissants mouvements en faveur des droits de l’individu et de l’émancipation de la femme, opèrent un changement progressif mais déterminant des mentalités. En 1938, le mari voit son rôle diminuer au sein du couple. La puissance maritale est abolie, et l’épouse n’est plus tenue au devoir d’obéissance à son mari. Celui-ci conserve néanmoins le droit d’imposer le lieu de résidence et d’autoriser ou non l’exercice d’une profession par sa femme, et cette clause ne sera supprimée qu’en 1966.

L’autorité paternelle perdurera jusqu’en 1970 pour être alors remplacée par l’autorité parentale conjointe. Depuis 1975, les époux peuvent choisir des lieux de résidence différents, et enfin, depuis 1984, les époux sont égaux dans la gestion des biens de la famille et de leurs enfants. Parallèlement, à partir de 1917, l’église concède que la procréation n’est plus que le second but du mariage, l’assistance entre époux étant le premier. Elle rappelle ce principe lors du concile Vatican II en 1965, en mettant l’accent sur l’amour et le bonheur dans le mariage.

Il s’agit là d’une véritable révolution dans l’histoire des sociétés. Le mariage aujourd’hui n’est plus l’union de deux familles, mais bien un choix personnel fondé sur l’idée du couple, homo ou hétérosexuel. L’individualisme de nos sociétés modernes a enfanté un nouveau modèle de mariage, qui survalorise le couple en tant que lieu de la réalisation sexuelle et amoureuse, et l’investissement affectif auprès des enfants. Un pari difficile à tenir et qui explique que le mariage d’aujourd’hui, lieu de toutes les attentes et de tous les désirs de réalisation à deux débouche si souvent sur un divorce qui signe la faillite des espoirs déçus.

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