Couple et Sexualité

Communication dans le couple

Marie hélène colson

L’aptitude à communiquer est l’une des principales caractéristiques du règne animal, et l’homme est certainement l’espèce qui a développé avec le plus de diversité sa capacité de communication, en corrélation étroite avec son évolution.

Les premières théories sur la communication, en revanche, sont de conceptualisation plus récente, et ont commencé à se développer dans la deuxième moitié du XX° siècle, avec l’Ecole de Palo Alto, en Californie, sous l’impulsion de Gregory Bateson, de Paul Watzlawick, de Margaret Mead et de tous ceux qui fondèrent le célèbre « Mental Research Institut », en 1959.

Dans le langage courant d’aujourd’hui, communiquer est souvent confondu avec informer. Les média par exemple sont considérés comme le moyen de communication par excellence, alors qu’ils ne constituent en fait qu’une source d’information, un vecteur de diffusion, mais non pas d’échange de l’information : Si le langage est le propre de l’homme, parler n’est pas toujours communiquer. Communiquer relève d’une dynamique ou chacun des acteurs interagit avec les autres, modifiant ainsi la substance même de l’information, et lui donnant un sens commun, ainsi que le définit Watzlawik, en 1967, dans sa « logique de la communication ».

Communiquer nécessite un langage, verbal ou non, organisé en un système de codes identifiables entre individus ou entre groupes d’individus, articulés en séquences, et se pliant à une logique qui lui donne son sens. Pour mémoire, il existe aujourd’hui 2796 langues parlées dans le monde, mais aussi de nombreux codes non verbaux, comme celui utilisé en Morse, par exemple, ou bien comme les panneaux du code de la route. Ou encore, beaucoup plus subtilement, le ton de la voix, la gestuelle, les attitudes, les mimiques, les postures…

La communication et ses règles s’apprennent très tôt dans la relation parentale. De cette communication initiale dépend toute la vie de relation de l’enfant et son devenir psychologique. Certaines formes de communication dénuées d’affectivité et réduites à l’expression de signaux physiologiques rudimentaires (manger, dormir, boire…) ne permettront pas d’assurer des échanges satisfaisants avec les autres. La maltraitance, les traumatismes psychologiques ou sexuels, conduisent aussi à l’impossibilité d’établir une communication de qualité et une relation affective durable. Les parents qui ne communiquent pas entre eux ou avec leurs enfants, ni verbalement, ni affectivement, ont des enfants en difficulté relationnelle, sociale et affective. La mère est le maillon essentiel de l’apprentissage de la communication. Elle est le lien permettant l’accès au père, au reste de la fratrie, à la vie sociale. Une mère fragile, elle-même en difficulté, angoissée, peu communicante, voire dépressive ou encore absente, se retrouve souvent chez les adultes présentant des troubles relationnels et de la communication. Spitz, par exemple, en décrivant ce qu’il dénomme « l’hospitalisme », démontre qu’à l’extrême, les enfants orphelins de la dernière guerre mondiale, élevés dans les hôpitaux anglais, dans de bonnes conditions matérielles, mais privés de l’affection d’une mère, ont été, en grande majorité, incapables d’établir des liens affectifs stables, et de fonder une famille, une fois devenus adultes.

Si le manque de communication dans l’enfance peut affecter gravement le devenir affectif et relationnel de l’enfant, inversement, une trop grande proximité relationnelle, en particulier chez les mères angoissées et hyperprotectrices, n’est pas non plus souhaitable et peut se traduire plus tard par un repli sur soi, une peur du contact avec l’autre, et une fuite de tout engagement affectif chez le futur adulte.

Face à la communication, tous ne sont donc pas égaux. Il existe plusieurs types de fonctionnements psychologiques peu doués pour la relation à l’autre, par exemple celui des phobiques, qui la redoutent, des timides qui la fuient, des hystériques qui la monopolisent, des obsessionnels qui la focalisent sur un seul centre d’intérêt ressassé sans fin, des pervers qui la confisquent et la détournent ...

En matière de sexualité aussi, communiquer permet d’entrer en relation, en résonance, de se mettre en harmonie avec l’autre, d’exprimer et de comprendre. Communiquer est un art bien difficile, et certains y échouent, échouant aussi dans leur couple. Les couples se décident sur un élan, une pulsion mutuelle. Cette première impulsion sexuelle permet le premier partage émotionnel, la fusion initiale. Mais encore faut il pouvoir construire sur ce qui n’est encore qu’une ébauche affective bien fragile. La construction d’une relation à deux se fait dans le domaine concret des problèmes de la vie quotidienne à régler, devant lesquelles peuvent se révéler des différences de jugement, d’appréciation, d’attentes. La communication est le liant qui permet à deux êtres différents par essence de se trouver et de se retrouver, jour après jour. Le couple est un espace de communication par excellence, qui permet de comprendre la différence de l’autre et de l’accepter par un jeu de concessions mutuelles, sans s’effacer, mais à la recherche d’un équilibre à deux, différent du sien propre.

La plupart des difficultés de communication dans le couple sont liées à des problèmes de contrôle de pouvoir, et de défense de territoires personnels. Pour exister, le couple doit s’affirmer comme un espace de communication permettant de s’entendre autour du partage du pouvoir et de la résolution des problèmes matériels, dans l’engagement réciproque, avec un haut niveau de confiance, en soi, en l’autre et dans le couple.

Le couple est une excellente école de communication. Quand il réussit et parvient à durer, il aura appris à chacun à exprimer sans reproches ni agressivité, sans chercher à imposer ses propres convictions, mais en étant soi même tout simplement face à un autre que l’on aime et que l’on respecte.

La sexualité est la forme la plus intime de communication dans le couple. Elle est à l’image de la qualité du couple que l’on forme et peut prendre bien des formes, selon le niveau d’engagement et de communication que l’on souhaite atteindre avec l’autre. Depuis celle, rudimentaire, du plaisir que l’on prend au contact de l’autre, à celle, la plus élaborée, du plaisir que l’on échange, dans la fusion émotionnelle, le partage, la réciprocité, l’érotisme, et qui place l’acte d’amour au rang d’activité humaine supérieure. Il n’est donc pas étonnant de rencontrer la plupart des difficultés sexuelles dans les couples dysfonctionnels, quand la défense de son propre territoire ou l’affirmation de son propre pouvoir face à l’autre deviennent plus importantes que la résolution des problèmes auxquels la vie peut nous confronter.

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