Couple et Sexualité

Chagrin d’amour, comment en sort-on ?

Marie hélène Colson

Le chagrin d’amour fait partie de la vie amoureuse, et chacun a pu en faire l’expérience au moins une fois dans sa vie.

La cause la plus fréquente en est la rupture du lien amoureux. La perte de l’objet d’amour, vécue comme l’arrachement d’une partie de soi même, réactive l’angoisse de séparation de chacun. La douleur est d’autant plus vive qu’à l’absence de l’être aimé se superpose la perte des illusions et des espoirs déçus.

La phase de cocon commence tout de suite après l’annonce de la rupture et rappelle bien souvent un état de choc post traumatique. Pendant cette période, la confusion et la dénégation de l’évènement douloureux sont fréquentes, voire systématiques. Le sujet pense que cela n’est pas vraiment arrivé, qu’il ou elle va se raviser, qu’il ou elle va revenir, que ce n’est qu’un mauvais rêve. Une sorte de régression psychologique et affective est fréquente, la perte de l’objet aimé marquant une perte narcissique, et interrogeant profondément sur soi même, provoquant avec la perte de confiance et d’estime de soi, un état de dépendance affective. Le repli sur soi, le retrait, le désintérêt et le désinvestissement de toute activité sont fréquents, s’accompagnant quelquefois de prostration véritable.

La phase de colère suit ensuite, et annonce la prise de conscience de la réalité et l’acceptation de ses conséquences. La colère est tournée vers l’autre qui nous a abandonné, mais aussi envers soi même, incapable de garder l’autre.

Le temps de la réparation viendra après, lent travail de reconstruction d’un autre moi, enfin séparé de l’autre et prêt à vivre une nouvelle histoire d’amour, et peut être encore un nouveau chagrin d’amour.

Le chagrin d’amour dure tant que le désinvestissement de l’objet aimé n’est pas accompli au profit d’un autre investissement, tourné vers une autre personne ou un autre centre d’intérêt. Il peut arriver que ce travail de réparation, plus ou moins long et douloureux selon les circonstances et les individus, se bloque en cours de chemin et rencontre un obstacle rendant impossible toute reconstruction, figeant l’individu dans la nostalgie du temps passé. De nombreux états dépressifs sont dus à des chagrins d’amour non surmontés. Le chagrin d’amour a souvent, alors, fait écho à un sentiment de perte antérieur (orphelin, abandon précédent,…), déjà éprouvé dans d’autres circonstances, et l’a douloureusement réactivé, rendant quelquefois impossible son dépassement. Il n’est pas rare de rencontrer des célibataires n’ayant jamais renoué de liens amoureux à la suite d’une déception survenue très tôt dans leur parcours de vie, figés dans la douleur vécue alors, et indéfiniment ressassée.

Le chagrin d’amour peut aussi se vivre sans séparation.

Pour certains, il se vit au jour le jour, dans le quotidien d’attentes jamais satisfaites de la part de l’autre, d’un amour à sens unique, qui ne sera jamais payé de retour.

Il peut aussi survenir lors d’une crise du couple, à la suite de l’annonce d’un adultère, par exemple. Là encore, certains ne s’en remettront jamais et entretiendront indéfiniment le souvenir de la trahison dans l’agressivité, les sous entendus et les reproches à peine déguisés. D’autres pourront pardonner et renouer le fil du lien de couple.

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